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Le mois d’octobre se termine au cours duquel tous les membres de la CNAMS Île-de-France se sont mobilisés pour communiquer, partager et sensibiliser à la lutte contre le Cancer du Sein dans le cadre d’Octobre Rose. Chantal Schaller, administratrice de la CNAMS Île-de-France, nous raconte son « combat » et son engagement.

« Octobre Rose » – 30 ans de combat

Octobre Rose est une campagne annuelle de sensibilisation au cancer du sein, qui a vu le jour aux États-Unis en 1985 et a fait sa première apparition en France en 1993, sous l’impulsion du magazine Marie Claire et du groupe Estée Lauder.

De cette collaboration est née l’association Le Cancer du Sein, Parlons-en ! Plusieurs années plus tard, en 2020, l’association s’est rebaptisée simplement Ruban Rose.

Durant tout ce mois d’octobre, la campagne d’information et de sensibilisation a pour slogan :

« À partir de 50 ans, faites-vous dépister tous les deux ans :
vous vous en remercierez ».

Chantal Schaller, administratrice de la CNAMS Île-de-France, connaît malheureusement très bien cette maladie

Chantal Schaller, retraitée coiffeuse - UNEC

Il y a 40 ans, les médecins lui diagnostiquent un cancer du sein et préconise une tumorectomie qui consiste à enlever la partie du sein où une tumeur maligne ou bénigne a été localisée.

« A l’époque, je me suis sentie bien seule. J’ai dû continuer à travailler au sein de mon salon de coiffure avec l’aide précieuse de mes salariées et de ma famille, tout en suivant mes traitements qui avaient des effets secondaires importants. Et j’ai perdu quelques clientes… Mais je m’en suis sortie.

30 ans après, récidive. Mais cette fois-ci, j’ai été prise en charge au sein de l’Institut Curie qui propose un accompagnement sur mesure pour limiter les effets secondaires et la douleur (patch sous la langue), psychologique pour aider la patiente (et ses proches) à surmonter cette épreuve, les services de socio esthéticiennes ou diététicienne, etc. »

Car l’anxiété, la dépression, le problème avec l’image de son corps, l’estime de soi, les difficultés intimes… peuvent survenir à tout moment du traitement ou même après.

Des soins de kinésithérapie sont souvent pratiqués après des traitements pour un cancer du sein. La prise en charge des risques veino-lymphatiques (lymphoedème notamment) constitue également une priorité pour l’équipe médicale.

Hypnose médicale, sophrologie… D’autres types d’approches, complémentaires, peuvent également être proposées [Source : Institut Curie].

« Ne pas rester seule face à cette vacherie de maladie »

« Le plus important pendant cette période est de pouvoir continuer à se sentir « femme » : aux effets secondaires, à la douleur, s’ajoutent la perte de cheveux, l’ablation partielle ou totale du sein, le sentiment de ne pas être comprise, d’être seule …

Il est donc essentiel de demander de l’aide et se faire accompagner dans cette période si particulière.

Et aujourd’hui, de nombreux dispositifs existent pour améliorer la prise en charge des séquelles, atténuer les conséquences et offrir aux malades une meilleure qualité de vie physique et psychologique.« 

« La chute des cheveux – l’alopécie  – est l’une des conséquences bien connue de la chimiothérapie qui entraine une souffrance psychique chez de nombreuses femmes … d’autant plus pour moi, qui était coiffeuse.

Fort heureusement, il existe aujourd’hui des solutions pour dissimuler la chute des cheveux (perruques ou accessoires pour masquer), qui peuvent bénéficier d’une prise en charge à 100 % que cette perte de cheveux soit temporaire ou définitive, partielle ou totale, suite à une maladie ou à son traitement.

[Plus d’informations sur Ameli.fr].

En fin de traitement, je me suis tournée vers la Ligue contre le cancer qui propose différents accompagnements personnalisés : Soutien psychologique et écoute, coach d’activités physiques, soins socio-esthétiques, conseils en diététique, aides sociales et financières, mais aussi des réunions d’information, brunchs ou petit-déjeuner, ou un accompagnement pour préparer son retour dans l’emploi…

L’essentiel est de ne pas rester seule.

[Plus d’informations sur La Ligue contre le Cancer]


Dispositif Spécifique Régional du Cancer en Île-de-France

Au total, 9 soins de support sont considérés comme indispensables et composent le « panier des soins de support » validé au niveau national. Ils font l’objet d’un remboursement en totalité ou en partie par l’assurance maladie et doivent être proposés à votre patient.

ONCORIF, réseau régional de cancérologie pour l’Île-de-France, a recensé  les offres en établissements de santé (établissements autorisés au traitement du cancer, établissements de soins de suite et réadaptation, Hospitalisation à domicile) et structures de ville (associations œuvrant dans la prise en charge des patients atteints de cancer, réseau de cancérologie, dispositifs d’appui à la coordination…).

Quelles offres pouvez-vous retrouver ?

  • Prise en charge de la douleur
  • Prise en charge diététique et nutritionnelle
  • Prise en charge psychologique patient
  • Prise en charge psychologique proches et aidants
  • Prise en charge sociale, familiale et professionnelle
  • Activité physique adaptée
  • Conseils d’hygiène de vie
  • Soutien à la mise en œuvre de la préservation de la fertilité
  • Prise en charge des troubles de la sexualité
  • Hypnoanalgésie
  • Analgésie intrathécale
  • Soins palliatifs
  • Programme d’Education Thérapeutique du Patient
  • Offres spécifiques / Autres (Réadaptation physique, Socio-esthétique, Orthophonie, Ergothérapie, Yoga, Ateliers créatifs…)

[Plus d’informations : Oncorif]

Prévenir pour éviter les récidives : Le Ganglion sentinelle

Chantal Schaeller rappelle l’importance d’effectuer régulièrement des contrôles, le Dépistage du cancer du sein étant gratuit pour les femmes entre 50 et 74 ans [Dépistages organisés des cancers : envoi de listes aux médecins traitants (PDF)].

Pour éviter la récidive, il peut être procédé à l’exérèse du ganglion sentinelle : l’intervention consiste à enlever le ou les premiers ganglion(s) lymphatique(s) de l’aisselle le(s) plus proche(s) de la tumeur pour vérifier, par analyse anatomopathologique, s’ils contiennent ou non des cellules cancéreuses.

L’objectif est de repréciser si la tumeur s’étend au-delà du sein, de déterminer si un traitement complémentaire par chimiothérapie ou si une radiothérapie des ganglions est nécessaire.

En trente ans, beaucoup de choses ont évolué notamment pour prendre en compte l’état psychologique d’une personne atteinte d’un cancer. Je ne le répèterai jamais assez : il ne faut pas rester seul(e) dans ce moment, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide et à s’entourer. Aujourd’hui, je participer aux actions d’Octobre Rose aux côtés des couturières, des bénévoles et je reste POSITIVE. C’est une « vacherie » de maladie et ensemble, nous pouvons lutter contre.

Chantal Schaller

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